Des manifestants iraniens organisés par l’État appellent à l’exécution des émeutiers

Une moto de police brûle lors d’une manifestation contre la mort de Mahsa Amini, une femme décédée après avoir été arrêtée par la “police morale” de la République islamique le 19 septembre 2022 à Téhéran, en Iran. WANA (Agence de presse de l’Asie de l’Ouest) via REUTERS

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DUBAÏ, 23 septembre (Reuters) – Des manifestations organisées par l’État ont eu lieu vendredi dans plusieurs villes iraniennes pour contrer les manifestations antigouvernementales déclenchées par la mort d’une femme en garde à vue, certains manifestants appelant à l’exécution des émeutiers.

Les manifestations ont suivi l’avertissement le plus ferme des autorités à ce jour, lorsque l’armée a déclaré aux Iraniens qu’elle affronterait “les ennemis” derrière les troubles – une décision qui pourrait signaler le type de répression qui a annulé les manifestations dans le passé.

Les manifestants ont qualifié les manifestants anti-gouvernementaux de “soldats d’Israël”, selon la couverture en direct de la télévision d’État. Ils ont également scandé “Death America” ​​​​et “Death Israel”, des slogans courants utilisés par les dirigeants religieux du pays pour tenter d’obtenir un soutien pour les autorités.

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“Les contrevenants au Coran doivent être exécutés”, scandait la foule.

Les Iraniens ont organisé des manifestations de masse sur le cas de Mahsa Amini, 22 ans, décédée la semaine dernière après avoir été arrêtée par des brigades des mœurs pour avoir porté des “vêtements inappropriés”.

La mort d’Amini a ravivé la colère sur des questions telles que les restrictions de l’Iran sur les libertés personnelles, les codes vestimentaires stricts pour les femmes et une économie battue par les sanctions.

L’armée iranienne a envoyé vendredi l’avertissement le plus sévère des autorités aux manifestants exaspérés par la mort.

“Ces actions désespérées font partie de la stratégie perverse de l’ennemi pour affaiblir le régime islamique”, a-t-il déclaré.

L’armée a déclaré qu’elle “affrontera les diverses conspirations des ennemis pour assurer la sécurité et la paix des personnes injustement ciblées”.

Le ministre des Renseignements Mahmoud Alavi a également averti vendredi les “émeutiers” que leur “rêve de vaincre les valeurs religieuses et les grandes réalisations de la révolution ne se réalisera jamais”, selon le site AsrIran.

Les protestations dans la province natale d’Amini, au Kurdistan, et dans les régions environnantes ont été particulièrement fortes. La télévision d’Etat a indiqué que deux caches contenant des armes, des explosifs et du matériel de communication avaient été saisies et deux personnes arrêtées dans le nord-ouest de l’Iran, y compris à la frontière avec l’Irak, où sont basés des groupes dissidents kurdes armés.

Les dirigeants spirituels iraniens craignent une résurgence des manifestations qui ont éclaté en 2019 contre la hausse des prix de l’essence, les plus sanglantes de l’histoire de la République islamique. Reuters a rapporté que 1 500 personnes avaient été tuées.

Lors de troubles récents, des manifestants à Téhéran et dans d’autres villes ont incendié des postes de police et des véhicules alors que l’indignation suscitée par la mort d’Amini semblait persistante et que des informations faisaient état d’attaques par les forces de sécurité.

Les médias iraniens ont fait état jeudi de l’arrestation de 288 émeutiers.

Vendredi à Madrid, quatre militantes seins nus du mouvement féministe Femen ont manifesté devant l’ambassade d’Iran contre la mort d’Amini. Ils portaient des pancartes indiquant “Femmes, vie, liberté” et “Mahsa Amini a été assassinée”.

La manifestation a été pacifique et il n’y a eu aucune arrestation.

À Athènes, des manifestants en colère contre la mort d’Amini ont tenté de s’approcher de l’ambassade d’Iran jeudi avant d’être repoussés par la police avec des boucliers. Les manifestants scandaient des slogans et brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire “Tuez l’homophobie et le sexisme”.

Il y a également eu des manifestations contre la mort d’Amini au Canada et aux Pays-Bas jeudi.

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Reportage de la salle de presse de Dubaï ; Écrit par Michael Georgy, édité par Alex Richardson, Angus MacSwan, William Maclean

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